27 septembre 2007

On arrache bien les ailes des fées...

A marcher sur cette terre
La tête en procession
Et le cœur en misère
Je suis allé au cimetière
Où l’on enterre les fées
Les berceaux des illusions
Des fois qu’elle serait passée

Je sais bien qu’elle t’aime
Même si elle n’est pas venue
Ni même fait déposer
Un bouquet de chrysanthèmes
Sur la pierre inventée
Dont on ne se souvient plus

Faut pas lui en vouloir
Ni même la juger
Quand on rime au hasard
Il faut bien jeter les dés
Les recouvrir de fard
Fermer les paupières
Surtout bien l’enterrer

Si ça n’aide pas la misère
Faut bien l’abandonner
L’on n’est pas père
Comme l’on naît mère
Et surtout en été
Sur l’autel d’un serment
Qu’on n’a jamais prêté

Ca sert à quoi de pleurer
Une idée, un enfant
Si ce n’est de prouver
Qu’on arrache bien les ailes des fées

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12 mars 2007

Je rêve de rien

Je rêve de rien. J'ai des papillons aux ailes vermillon devant les yeux, des idées noires pour deux. J'avais un bébé à partager avec toi, mais j'avais... T'inquiètes pas, ce n'est rien... Y aura bien une gosse paumée ou une catin pour l'adopter. Non, tu vois, c'est fini de rêver, c'est fini de tourner sur le manège de la vie sur ton poney de misère. Tu penses à quoi, là maintenant ? Toi qui ne rêvais de rien, qui ne faisais que vivre ton destin. Avec tes larmes de crocodile que j'essuyais chaque fois, j'ai vaporisé un brouillard de pluie. Pour cacher l'absence, le silence et peut-être la mort. Oui peut-être la mort, non sûrement... Après tu t'en rappelles plus vraiment.
Alors tu vois, je ne rêve plus à rien, je ne survis qu'au travers des mots qui s'écrivent tous seuls comme ça et comme ça, c'est peut-être bien. Je te dis ça mais tu t'en fous. T'as regagné ton ghetto, tu finis de bousiller les ailes que t'avais dans le dos.
Alors tu vois, ferme les yeux, endors-toi... Serre fort contre toi ton Winnie... On se retrouvera, sûrement pas au paradis mais peut-être en enfer.
Alors tu vois, éteins la lumière qui n'est pas, baisse les paupières, laisse-moi qu'une trace de sang, une vague de parfum sur mes draps. Laisse-moi.
De toutes les manières, on se retrouvera pour faire l'amour ou pour faire la guerre.

Tilou, Orléans, le 11 mars 2007

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06 mars 2007

Les enfants du rien


A ces enfants du rien
A ces bambins destin
A ces gosses de l'été
Qu'on balaye à l'automne
A ces anges suicidés
Lorsqu'on les abandonne

Ils sentent le mouillé
De l'orage qu'est passé
Ils sentent le pêché
Des fruits un peu pourris
Les rêves défraîchis
De l'envie de l'ennui

J'ai le mal de mère oui
J'étale leur vie
Devant les temples, les mosquées, les églises
Dans les rues denses, sur les quais gris
Mais y a personne qui veut qu'on le dise
J'ai le mal de terre oui

Ils n'ont de droit
Que dans l'oubli
Et c'est pas toi
Qui dira non, ni oui

J'écris leurs songes
Sous les mensonges
Des origines de leurs vies
J'écris, j'éponge
Ces inepties
Et je prolonge
Un peu leurs "si"

J'ai le mal de mer
Quand je t'écris
Je n'oublie pas vos mères
Je n'ai pas réussi
J'ai le mal de cette terre
A mes enfers inscrit

C'aurait été le paradis
Mais le paradis
C'est pour les autres
Ceux qui sont sans envie
Mes mots sont des non-dits
Mes mots sont pas les vôtres

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26 février 2007

C'est au silence de dire....

Je voudrais te dire. Mais en fin de compte, je vais me taire. Il y a tellement de raisons pour lesquelles tu comptes encore pour moi, tellement de souffrances pour lesquelles tu me hantes plus que des fois. Je voudrais te dire mais les mots ne viennent pas. On dirait que je n’ai plus de salive saine. J’ai du venin dans mes veines. Alors est-ce la peine de me les trancher ? Je voudrais te dire mais au bout du compte, c’est au silence de dire : que je t’ai aimée, que tu m’a fait de la peine mais qu’aussi fou que cela puisse paraître, je tiens à toi, quoiqu’il en soit… Je t’aime.

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Psychotropes hics


Dans les vapeurs d’essence et d’alcool,
Dans la fumée mollasse qui colle,
Y a des joies, des peines qui s’immolent,
Ca fait des taches, des auréoles ;

On navigue bien dans les amers hics,
Quand la mer s’en revient en musique
Vider cet estuaire enfant lubrique,
Puis repart sous les tristes tropiques ;

C’est pas notre guerre aux fins tragiques,
Qu’on tourne en délires psychiatriques,
Comblant de terre les besoins phalliques ;

Lors, aujourd’hui est bien loin d’hier
Et au milieu coule une rivière,
Charriant les souvenirs magiques.

.Tilou.


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25 février 2007

Tes tagadas

Effluve de la mer
qu'a bouillonné par coeur
Ca sent l'effort l'amour
En corps pendant des heures
N'oublie pas ta pilule
Sur le chemin du retour
Sinon ça fera des bulles
Qui seront pas de savon
Pourtant ç'aura un goût amer

Tu pourras tout me reprocher
Même si c'est ta misère
Au point de non-retour
J'en ai plus rien à faire
Laisse tes mensonges
A mon porte-manteau accrochés
Et pendant que j'y songe
Si tu pouvais me filer
Tes tagadas embryonnaires

Je te filerai un plan
Pour revenir par là
Puisque t'as oublié
Que c'était par ici
Qu'on a été amants
Etale bien ton mascara
Qu'on croit un peu que t'as pleuré
Ca fera un point de moins
Mais t'as déjà gagné...

...

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24 février 2007

Mal de mère


Maman, Maman,
Dis-moi pourquoi les bateaux
Ils coulent à l'envers
Pourquoi la mer
Elle s'en fout
Elle recrache sa lave de mère

Maman, Maman
Dis-moi pourquoi les navires
Ils n'ont aucun désir
De reprendre l'amer

Tirer un trait
en pointillé
Tourner les yeux

Assassiner les sensations
Nouvellement nées

A ton coeur meurtri
A ton coeur meurtrier

Tu as violé ton coeur
Violer notre nouveau-né
Toi qui te croyais lame de mer
Qu'avait pas le désir de maman



Et je pousserai mes verres
Jusqu'à tes pieds
Pour que tu marches dessus
Ou que tu tombes à terre

Y a toujours les bons et les méchants
Toi qui regardes le monde
Avec tes yeux adolescents
Tu te crois une femme
Tu n'es même plus une flamme
Juste une fille du rien pudibonde

Toi qui remues le couteau dans ta plaie
Tu préfères oublier
Et pas cicatriser
Tu préfères naviguer de travers
De tes voiles hissées à l'envers

Et tu verras
Ma mère superficielle
Tous les mots dans ce bordel
Dans cette orgie de fiel
Que tu aimes tant


Tout explosera
T'auras du sang dans tes entrailles
Et on ira jeter ces chairs
Dans la cuvette des chiottes
Personne n'en a rien à faire
Pas même toi
Puisque tout le monde veut oublier
Arrête de brailler sur l'amour

Enterre la vie
Et vis tranquillement notre mort

Tilou, 23 février 2007

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22 février 2007

Parfois vraiment....


+

Tu sais, Caro
J'ai parfois les lignes mais pas les mots
J'ai parfois les notes mais pas le piano
Tu sais
J'ai parfois le coeur mais pas le cerveau
J'ai parfois les signes mais rien ne vaut
Ton corps en violoncelle
Tes seins en notes plurielles
Ta bouche qui ne dit mot
Même que l'histoire n'est pas belle
Même qu'elle soit pleine de fiel
T'es mon enfant du rien
Mais t'es mon enfant tout court
Tu me détestes, je sais bien
Mais moi, qu'ai-je fait pour ?
Rappelle-toi cette nuit misère
Tu étais seule pour faire ou défaire
Pour pas me mentir
Pour pas le vomir
J'ai vu ce visage plein de sang
Des jours, des nuits, des rêves durant
Et pourtant
Je n'en peux plus vraiment
De pas te sentir comme avant
Parce que tu sais, maintenant,
J'ai parfois les gestes mais pas l'amour,
J'ai parfois l'envie mais pas les gestes,
J'ai parfois l'amour qui se déleste,
J'aurais mon rien pour toujours
J'ai ce vide en moi, ce néant de désir
Alors tu vois, Caro
J'ai beau me dire qu'il ne faut pas revenir...
...
Alors tu sais, Caro
Je vais partir sans dire
Un mot

+


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Plus de saison....

source : Philippe De Jonckheere


C’est encore le soir qui s’en vient repeindre noir les murs que l’on voulait blanc
C’est encore le rien qui suspend cet espoir d’un lendemain que l’on voulait chantant
On aurait bien voulu défaire nos chaînes ou apprendre à voler
On aurait bien voulu faire ce qu’il fallait pour réapprendre à rêver
On aurait bien abattu cette timidité qui nous pousse à nous cacher
On aurait mis dans le placard cet espoir illusoire qui nous a enchaîné
On ne comprend jamais comment tout ça marche
On fait des milliers de bornes et l’on marche
On s’arrête à une station mais elle est désaffectée
On vous dit que le bus ici ne passe plus, ça fait des années
On vous dit qu’il est bien de rêver mais pas trop
Que sinon vous chuterez de très haut
Mais on leur répondra que toute façon
On a déjà le dos broyé
Alors qu’importe si maintenant, il faut se tuer
On a bien compris qu’ici, il ne faut pas voler
Alors peu nous importe que maintenant il n’y ait plus de saison


Tilou, le 22 février 2007 :'(

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18 février 2007

Je ne peux t'ôter de moi


Les mois passent et ils sont comme les jours, ils se ressemblent...
Et moi, j'ai l'impression de ressembler à un épave
J'ai le coeur qui tangue, qui s'accroche à d'autres
Et je ne sais pas où je vais, il me semble
On dirait ma tête, le temps ne la lave
Comme si tes blessures je voulais les garder comme les nôtres

Et ce soir, je suis devant ce bout de papier
A noter avec mes larmes, l'impossible à crier
Non je ne veux pas te haïr, je ne veux pas te détester
J'ai envie d'écrire, de mettre dans mes mots
L'indicible dont on ne pourra jamais se délester
J'ai envie de te voir et te serrer dans mes bras
Etre le buvard de ta folie et de tes maux
J'ai envie de rester une partie de toi

Les mois, ils passent
Ils me lassent
C'est ton image qui m'enlace
Je ne peux t'ôter de moi
J'étais comme une partie de toi
Sans toi, je ne suis plus moi

Et ce soir, l'encrier s'est renversé
Sur le cahier où sont consignés
Tout ce que je n'ai jamais eu
Ni le courage, ni la rage
De mettre ici ou là, là où il a plu
Et sont revenus les nuages

Les mois, ils passent
Ils me lassent
C'est ton image qui m'enlace
Je ne peux t'ôter de moi
J'étais comme une partie de toi
Sans toi, je ne suis plus moi

Tilou

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Poussière étincelle...

Dans la poussière étincelle
Dans la flanelle des draps
Il y a un corps qui git là
Une ombre de l'absence aux mois pluriels
Son visage n'est qu'une forme
Qui rappelle les souvenirs qui s'endorment
Il y a du feu sous le soleil
Mais plus de merveilles
Et l'on croit qu'on est là
Alors qu'on disparait
Alors qu'on s'en va
Dans le matin tout frais
On interroge le ciel
Pourquoi pas moi ?
Pourquoi pas toi ?
Et l'on part dans cette nuit qui nous effraie
Qui gommera cette vie superficielle...

Tilou

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16 février 2007

La Fille du Rien (Poésies): Mensonge promis


Un jour sûrement
Je leur mentirai
Je te le promets

Je leur conterai
Ce rêve fragile
Ces désirs futiles

Ce rêve d'amants
Ce voeu de l'amour
Cette idée de toujours

Un jour sûrement
Je me mentirai
Je me le promets

Je me conterai
L'histoire d'avant
Celle sans parents

Un jour oui vraiment
Je te mentirai
Je te le promets
Et je te dirai
Que je t'aimais pas vraiment


Illustration : Un Univers Particulier

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12 février 2007

Le temps passe
_____

Le temps passe, les nuages glissent
Mais rien ne change là-haut,
Les mots les phrases vomissent
Des idées de mort, des idées de trop ;
Elle était jolie la gazelle
Quand elle courait dans la plaine,
Elle était tout au pluriel
Quand elle galopait loin de la haine ;
Un soleil tribal sur sa nuque,
Un tatouage sur les reins que l'on reluque,
Ses cheveux en bataille, son air d'enfant,
Les lèvres humides dans les ères remuant ;
Voilà c'est tout ce que je me rappelle,
C'est tout cela que je demande au ciel ;
Le temps passe, les nuages glissent,
Mais rien ne bouge là-haut,
Ce ne sont plus des idées lisses,
Des rêves embryons, des cauchemars de mots.

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10 février 2007

Et l'enfant...

http://www.calirezo.com/


Il n'y avait pas que cela
Il n'y avait pas que l'amour
Il n'y avait pas que toi moi
Et je veux parler sans détour

Nous oublier c'est trop facile
Enterrer ses erreurs
Et vous pourrez me juger
Me traiter de salaud
Je laisserai mes mots
Se briser sur les charpentes de vos cerveaux
Chaque parcelle de ma peau
Est une plaie gorgée de sang

Et vous pourrez me juger
Me traiter de salaud
Je laisserai ces mots
Suinter de mon stylo
Comme coule ce lait
Le long de mes poignets.

***

Je reviens à la vie
A mesure que tu me détruis
Et tu reviens à la vie
A mesure que je te détruis

Je suis la voie, mes mots
Je te donne ce que je vois
Je te donnerai mes maux
Jusqu'au jour où tu ne seras

Je cracherai à l'envers de tout
Je serai l'enfant du rien
Celui de la cuvette floue
Et tu seras ma mère
Il n'y aura plus de guerre
Oui toi, ma fille du rien
Qui ne sait plus où sont les fleurs du bien

Ah oui, il paraît que je suis adulte.

....


Mes premiers vers sont d'un enfant
Les seconds d'un adolescent
Les derniers à peine d'un homme

Alfred de Musset


...



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08 février 2007

Moi sans toi

Ca veut dire quoi moi, s’il n’y a pas de toi ?
Tu veux dire quoi toi, quand je serai plus là ?
C’est sûr que toi, tu seras encore là,
Tu es peut-être quelqu'un sans "toi"
Plus moi.

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04 février 2007

Un jour peut-être

Un jour peut-être, tu te réveilleras avec les idées claires sur ce qui c’est passé. Un jour, tu te diras que ce n’était pas la bonne manière de faire les choses. Un jour, tu te diras que cela aurait été mieux de ne pas mentir. Un jour, tu penseras que quand t’as eu envie de le quitter, il aurait fallu le quitter et pas attendre que ce soit lui à contre cœur qui le fasse. Un jour, tu te diras que peut-être, dans le fond, il n’avait pas tout à fait tord. Un jour, tu te diras peut-être que ce bébé n’était peut-être pas un désir de rien, qu’il n’était sûrement pas que le tien. Un jour, tu diras qu’il aurait fallu parler. Un jour, tu diras toutes ses choses évidentes. Et tu auras grandi...

Mais d’ici là, peut-être seras-tu morte.

Tilou, Orléans, le 4 février 2007

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03 février 2007


Allez, vas, vas-t-en
Allez, cours, tout court
Cours, tout le temps
C'était l'amour

Allez, dis, dis-moi
Allez, mens, mens-moi
Pars, pars longtemps
C'était dément

Allez, rien, promets
Allez, meurs, écoeurre
Vas-y, mon coeur
Pars à jamais


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01 février 2007

Lutter contre les mots

31 janvier 2007

Tourner en rond

Et j'ai demandé de l'aide pour lire ce que tu m'écrivais. Et j'avais peur de ne pas comprendre tes mots. J'avais peur de ne pas prendre soin de toi en t'envoyant mes mots. Et puis, j'ai essayé de leur expliquer pourquoi tes mots mais même avec cela, eux non plus n'entendaient rien à ce qui était écrit. J'ai tellement peur de faire mal quand je veux faire bien. Je suis tellement sûr de chaque chose que je fais, que je dis ou que j'écris que j'ai ce doute qui s'ancre en moi. A chaque fois. J'ai tellement lutté pour avoir cette apparente assurance en moi que je ne veux pas la perdre. Que je ne veux pas me vendre tout entier. Que je ne veux pas que l'on s'en serve comme munition contre moi. Ma vie est un château de cartes, suffit d'un souffle et tout s'arrête et puis s'écroule. De loin, on pourrait dire que c'est un château-fort, une citadelle, une forteresse... Quand on vient visiter, même en touriste, on se rend compte que ce n'est qu'un chantier en ruine.

Je suis une usine désaffectée couchée sur papier glacé en noir et blanc. Les couleurs qui restent, ce n'est que le reflet de la lumière des autres qui s'approchent encore de moi.

Tilou, le 31 janvier 2007

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28 janvier 2007

Si tu lis

Voilà... Je crois que j'ai tout dit de mon histoire. Je crois que je t'ai donné les clefs pour me comprendre même si... Je crois que je te devais cela. Toi qui viens après des mois de silence me parler de respect et me reprocher de m'être confié, d'avoir fait de notre histoire des poèmes... Je ne te comprends pas. Ou alors je te comprends de travers. Oui, peut-être que tu n'assumes pas. Je sais bien que l'épreuve que tu as traversée est sûrement des plus dures qu'une jeune fille ait à traverser mais en même temps, je ne veux pas te dire que tu n'y es pour rien. Que ton comportement a été exemplaire. Même dans la connerie, il faut arriver à s'assumer. Etre responsable. Je ne suis pas de ceux qui acceptent les choses parce qu'on les regarde avec les yeux d'un chien battu. J'accepte d'entendre et de lire les pires ignominies comme celles que tu m'a écrites. Je pardonne cela mais je ne les valide pas. Tu vois, je crois encore à l'être humain que j'ai connu en toi. Je sais qu'il est et qu'il existe encore. Alors, oui, peut-être que c'est bizarre comme comportement mais c'est comme ça. Moi quand j'aime, c'est pour tout le temps. J'ai beau avoir un fatras de cassures psychologiques, je les dis mais je les garde en moi, je ne demande pas aux autres de les payer. Tu vois, ce soir, je pense encore à toi alors que tu devrais ne plus être qu'un être incendié et sublimé de mes poèmes... Tu es encore vivante... Pas comme tu me le dis... Je te parle de toi, vivante, comme tu peux l'être quand ta tête n'est pas pourrie par les maux que tu t'inventes. Oui... Les égoïstes, ils sont comme cela. Ils s'en veulent tellement d'être comme ils sont, qu'ils essaient de reporter la culpabilité sur l'autre. Comme ça, ça leur permet de vivre mieux... Bah oui. Triste réalité. Mais tu es triste et laide, petite... Quand tu n'aimes pas... Pourvu qu'un jour tu saches ce que le mot "aimer" veut dire.

Tilou, Orléans, le 28 janvier 2007

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